Comment la majorité va tuer le centre bourg !

Publié le par Collectif Saint-Pardoux Citoyen

Ordre du jour du conseil municipal : (NDLA :Cette deuxième partie de conseil municipal a été nettement moins houleuse, et a permis un début de discussion.)

"Plan de financement demande de subvention DETR" (NDLA : Dotation d'équipement des territoires ruraux). En terme de transparence sur les délibérations, ils ont de sacrés efforts à faire. Donc qui, quoi, comment ?

Pour comprendre cette nébuleuse, les membres de l'opposition se sont rendus 2 jours (soit le 05 Janvier) avant le conseil municipal pour obtenir des informations complémentaires. Réponse de la secrétaire: "les documents ne sont pas prêts" (la convocation du CM est datée du 22 décembre 2015), on nous promet qu'ils nous seront communiqués en fin de soirée. Mais impossible d'en connaître au moins le sujet !

18h, les élus de l'opposition reçoivent une synthèse de l'étude de faisabilité de l'Agence Deux-Sèvres Aménagement en charge de la zone commerciale du Poirier, datée de novembre 2015... mais aucun plan de financement n'est envoyé, il sera fourni le soir même du conseil municipal.

2 jours pour étudier un projet de 550.000 €...

L'étude de faisabilité de la zone du Poirier reste faible, elle apparaît peu objective dans le fond et ne répond qu'à la demande impérieuse de la municipalité de l'implantation de la zone commerciale.

- Elle s'appuie sur la possibilité des futures opérations de constructions de lotissements, en occultant la difficulté de plus en plus croissante de ce type de marché pavillonnaire, de la complexité de l'accessibilité à la propriété: "le fait que d’emprunter sur 30 ans pour devenir propriétaire est de moins en moins adapté à l’évolution de la société et de la vie réelle" et au souhait de plus en plus fort du refus de ces "HLM à plat", de la forte promiscuité: "On voit tout. On sait ce qu’il se passe, chez les uns, chez les autres. On voit les courses alimentaires, les invités, les voitures garées devant les maisons et donc le niveau de vie des uns et des autres ; on voit même l’intérieur des maisons", aux difficultés de co-exister ensemble dû à la concentration de classes populaires et d'une mauvaises qualité urbanistique... D'ailleurs devant la perspective annoncée de 40 logements supplémentaires dans le prolongement du lotissement des Chaumes et d'une trentaine de constructions envisagées du côté de la cité des Rambaudières un plan de circulation a t-il été pensé et réfléchi pour gérer le flux routier occasionné par la suite, il serait bon de l'anticiper rapidement ?

- On nous parle de l'énorme potentialité de la route départementale, en occultant la difficulté importante de l'accessibilité et de la visibilité de cet espace, et en omettant de signaler que le Conseil Départemental ne réaménagera pas l’accès pour cette zone. On se coupe du fort potentiel des routiers (accès impossible, stationnement non-prévu...), qui représente une masse importante des passages et des clients.

- On relève le poids démographique important mais les 3/4 des habitants ne vivent pas dans le bourg et l'étendue même de la commune fait sa faiblesse. Une zone décentrée du coeur du village, un bourg éloigné : Château-Bourdin, de nombreux lieux-dits très dispersés et des zones géographiques de chalandises différentes en fonction du lieu d'habitation (Mazières en Gâtine, Azay sur Thouet, Le Tallud...) et du lieu de travail (Niort/ Parthenay/ Secondigny/ Saint-Maixent).

- Une offre commerciale restreinte effectivement dans le bourg ou la boulangerie, le bar-tabac ont disparus, mais ou la dynamique du commerce de la Cave "Mets en Vins" est certaine et pouvant être un point fort de revitalisation effet "boule de neige". Avec la possibilité d'implantation d'un commerce juste à côté du caviste dans un local appartenant à la commune, disposant d'un bel espace de parking et d'une esplanade pour un marché, tout cela à 50 m de l'école publique et de la coiffeuse sur la route principale du bourg!

A lire 04 Avril 2014 : L'idée du Collectif d'une épicerie coopérative solidaire en coeur de bourg : http://saintpardouxcitoyen.over-blog.com/2014/04/mieux-qu-une-zone-commerciale-decentree-une-epicerie-cooperative-solidaire.html

Par contre, l'offre commerciale est très importante sur l'axe Niort-Parthenay (sortie de Niort, nouveau Hyper U d'Echiré avec accès direct à la RD, zone de Montplaisir, centre- bourg de Mazières en Gâtine avec multi-commerces, boulangerie et tabac presse à l'entrée de Parthenay, zone de la Bressandière sur l'axe de Bressuire ....).

Programme de construction commerciale et d'aménagement....

- Premier temps: La mairie est le premier investisseur de cette zone. Avec l'investissement d'une unité commerciale pour la création d'une boulangerie pour un montant de 190.000 € (à minima). Aucune étude prévisionnelle d'amortissement n'est proposée (durée, montant des loyers, objectifs à atteindre, profil du candidat, etc.) sur la viabilité du projet. Programmation dés le 1er trimestre 2016 - réception début 2017.

Il est fait mention d'un investisseur privé pour l'implantation d'un bar-tabac... (3ème trimestre 2016).

- Deuxième temps: La réflexion éventuelle d'un magasin de bouche-épicerie, toujours sous couvert d'un investissement par la mairie et uniquement conditionné si la zone fonctionne.

- Troisième temps: Tout espoir d'opportunité d'installation (fleuriste, chasse-pêche, producteurs locaux...)....

On aura bien compris que cette zone n'a que peu de perspectives engageantes pour les investisseurs qui ne se précipitent pas sur cette "occasion" et ce malgré l'affichage implanté sur le terrain depuis bientôt 2 ans... Ce qui dénote la tendance actuelle du trop-plein de ces zones commerciales et de leurs désaffections.

La municipalité a déjà investi un peu plus de 105.000 euros sur l'aménagement de cette zone (étude de sols, bornage, 2 maîtrises d'oeuvre, assainissement des eaux usées, viabilisation électrique...) depuis 2013.

Et en prévision viendront se rajouter 125.000 € (HT) d'investissement pour l'aménagement extérieur qui comprendra:

- Un bloc sanitaire prévu dans la partie commerciale : 25.000 €

- L'éclairage public : 21.600 €

- Des espaces verts et mobiliers urbains : deux aires de pique-nique: côté route de Parthenay et RD : 21.300 €

- Aménagement extérieur comprenant, un petit espace de co-voiturage, zone piétonnière à l'intérieur de la zone, esplanade pour un marché de producteurs : 51.000 €.

Soit un investissement total de 552. 222 € TTC pour la commune.

Les membres de l'opposition ont soulevé différents points...

- Faiblesse de l'étude de faisabilité qui répond plus à une demande d'ordre, aucune réelle étude de marché n'a été présentée.

- Le souhait d'une consultation de la population sur les besoins et les attentes de tous par rapport à ce projet de commerce avant d'engager plus en avant ce dossier. (refus du maire, qui estime: "les habitants sont en attentes de cette zone depuis les élections, il y a une demande énorme et c'est la continuité de l'ancienne mandature" ).

- Réitération du non-fondé de cette zone, face à un "cœur" de bourg qui se meurt. On décentralise l'activité commerciale vers l'extérieur. (réponse du maire:"C'est quoi le bourg? La mairie et l'église!"), manque évident de travail de fond sur le choix d’externaliser les commerces vitaux.

- Le positionnement délibéré "du tout voiture" par ce choix de la décentralisation et de l'infrastructure de cette zone. Aucun travail de piste cyclable vers le bourg étudiée.

- Un parking de co-voiturage et des mobilités alternatives sous-estimés: nombre de places prévues insuffisantes, pas d'emplacement couvert pour les vélos, pas de prise en compte des auto-caristes, bornes électriques devant être indépendantes des emplacements de parking, pas de lien avec le RDS...

- Un plan de financement très risqué avec une demande de subvention à près de 80 %, qui est le maximum légal. (réponse du 1er adjoint si nous n'obtenons pas en totalité ces aides : " En 2016 on injectera 150.000 €, idem pour 2017 et 2018. Ainsi avec 450.000 €, on s'assurera un auto-financement suffisant pour que ce projet voit le jour de toute façon... plan de financement olé-olé").

- Ne pas sous-estimer aussi l'impact important du fond sonore en bordure de la RD 743 (compris entre 75 et 70 dB- source Préfecture des Deux-Sèvres), la gêne étant considérée comme forte. On peut se poser la question de l'opportunité des aires de pique-nique sur le bord de la RD ? Un autre point "l'effet venturi ou effet de dépression", celui-ci du fait de la configuration en sommet de côte et du passage des camions est accentué et devient vite insupportable au bord de la RD.

- Dans une moindre mesure difficulté d'implantation de panneau de communication en amont de cette zone: Domaine public et effet dépressionnaire provoquant la déstabilisation des panneaux en bord de la RD.

Vote de la délibération : 2 voix d' abstention - 1 voix contre

Pour finir, nous reprendrons la phrase de M. GUIGNARD :"Quand on veut faire vivre les commerces de sa commune on fait des efforts !" ... donc à tous les mauvais citoyens qui ne consomment et ne soutiennent pas le commerce de proximité attention à la sanction punitive... d'ailleurs ou en est la mairie, les associations communales dans ce domaine participent-elles toutes à l'effort collectif de soutien aux producteurs locaux, aux commerçants implantés? Ils nous semblent que non !

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