Qui écoute les haies.... argumentaire enquête publique PLUI Sud Gâtine

Publié le par Collectif Saint-Pardoux Citoyen

Thierry Fréret, héliciculteur à la Sinvelinière de Saint Pardoux.... Qui, enthousiasmé par ces propos prélevés dans les documents d’élaboration du PLUI :

« Préservant les continuités écologiques qui s’appuient sur un maillage bocager dense, les boisements, les cours d’eau et les zones humides. Ces espaces n’ont pas une fonction exclusivement écologique et peuvent également être utilisés pour l’agriculture ou la promenade »

et pour abonder en leurs sens afin de permettre avec l’initiative d’un tel dossier qui, suivant votre volonté, peut se révéler pionnier et fructueux tant pour le présent que pour le futur, joint cet argumentaire :

Halte à l’arrachage des haies !

  • Parce que les haies, empreintes « civilisationnelle s », confectionnées, édifiées tout au long des siècles voir de millier d’années, tout en sauvegardant une biodiversité nécessaire et indispensable, nous ont amenées d’énormes bienfaits et avantages. Aujourd’hui, enfin en voie de reconnaissances, les haies ne doivent pas et ne peuvent plus être balayées, rasées sur un simple coup de tête à l’aide d’un bulldozer au simple privilège d’un petit groupement voir à la simple prérogative d’une personne, et ce, à la déficience de l’environnement existant et à l’encontre des civilisations à venir.

  • Parce que, même si ce n’est pas le simple objet de ce PLUI, comment discourir des dangers terrestres, du sauvetage de la planète, de déforestation criminelle ailleurs si nous même ici ne sommes pas capables de protéger les quelques bocages restants.

  • Parce que, aujourd’hui et dans l’avenir, un changement de perspective avec le rôle avéré de la haie sur la production agricole se tourne vers la haie elle-même comme système écologique, voire comme système de maintien des ressources (biologiques, en eau, en sol, en carbone. . . ).

  • Parce que les haies définissent un parcellaire transmissible de génération en génération ou d’homme à homme alors que d’immenses terrains de plusieurs hectares ne pourront dans l’avenir qu’être offerts à des montages financiers aux intérêts délocalisés bien loin des besoins de notre Sud-Gâtine.

  • Parce que face aux inondations de plus en plus nombreuses et désastreuses, haies et parcellaires créent tous nos chemins ruraux qui eux également, présentent un intérêt évident dans le drainage et la gestion de l’eau.

  • Parce que les haies ont un rôle physique à l’intérieur de territoires souvent vallonnés. Elles maintiennent les sols grâce à leur système racinaire développé. Nul besoin d’être prophète pour percevoir que l'érosion du sol diminue les rendements agricoles, entraîne des glissements de terrain meurtriers en raison des pluies diluviennes qui ravinent et déferlent faute d'avoir été absorbées ou au moins freinées par la nature environnante.

  • Parce que les haies offrent fruits, fleurs, faunes ouvertes à tous promeneurs, randonneurs ou familles en errances le dimanche.

  • Parce que la haie c’est aussi une de nos énergies d’avenir, pour tirer parti de la biomasse et économiser les énergies fossiles, stabiliser et fertiliser les sols (ex. : 1 km de haie c’est 16 à 30 m3 de BRF chaque année, matériau de premier choix pour restaurer les sols épuisés)

Et enfin, plus spirituellement pour les âmes d’hommes qui naissent, vivent meurent se succèdent, parce que la haie, souvent centenaire, nous oblige dans le sens si bien exprimée par Simone Weil dans « L’Enracinement » où: « La notion d’obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative. »

Au vu de tous les éléments énoncés ci-dessus, éléments partagés par l’immense voir même l’entièreté des habitants de notre communauté de commune y compris, paradoxalement certains acteurs qui aujourd’hui se retrouvent dans le canon du fusil de la mondialisation agro-financière qui les contraint plus qu’il ne les persuade à un prétendu progrès inéluctable(alors que d’autres schémas sont possibles*) et qui n’est qu’un massacre des campagnes au détriment de la pérennisation des sols.

Et donc partageant l’objectif que peut avoir ce PLUI, pour aller vers une évolution favorable à tous, je soutiens et souhaite voir inscrit dans ces documents :

  • La protection de l’ensemble des haies des parcelles en notre propriété, ci-joint la carte référencée.

  • Au titre de l’intérêt général, classer l’ensemble des haies de nos territoires. Leurs éradications devant être, dans l’avenir, soumises à l’approbation et des élus et de services compétents à définir.

  • De voir s’inscrire des règles qui encadrent les dimensions des parcellaires, comme par exemple une limitation à des surfaces de 4 hectares maximum, pour la conservation d’un maillage bocager.

  • La recherche, la restauration et la protection des chemins ayant été et pouvant être référencés.

*Pour cheminer un peu plus dans l’argumentaire.

Oui d’autres schémas sont possibles, suivant votre volonté, face à l’agro-financiarisation soutenues et armée par la mondialisation, qui après avoir détruit l’artisanat les petits commerces en est maintenant à délocaliser tout autant l’agriculture que n’importe quelle industrie.

Oui pour assurer notre avenir une agriculture à plus petite échelle plus souple et plus cohérente, devra et c’est même sûr verra le jour, ne soyons pas les derniers dans cette prémisse, car oui l’on sait dorénavant qu’elle peut être tout aussi productive avec toute une kyrielle d’écosystème tels l’agroécologie, l’agriculture biodynamique, l’agrobiologie etc.. tout en assurant notre devenir alimentaire, elle aura l’avantage d’être bien plus génératrice d’emplois.

Pour exemple un article parue en ce début d’année 2014 :

L’agriculture conventionnelle est un modèle «dépassé», mais qui reste dominant. Fatalité ? «Une autre agriculture est possible», jure l’auteur qui démonte les idées reçues. Oui, l’agriculture biologique peut «nourrir sans difficultés, 9 à 12 milliards d’humains» - thème développé dans son précédent livre, l’Agriculture biologique pour nourrir l’humanité (Actes Sud, 2012). Non, elle n’est pas un retour en arrière, mais repose au contraire sur « une approche savante, moderne et diversifiée». Tantôt manuel d’agrologie, tantôt recueil de bonnes pratiques, l’ouvrage s’emploie à définir l’agriculture biologique - galvaudée par certains, réduite par d’autres à une simple pratique sans chimie. A ceux-là, Caplat rappelle que la bioagriculture est un changement de paradigme complet. Première étape : déconstruire les erreurs du passé, - le productivisme, la monoculture, la standardisation des semences - pour se rapprocher de cet«organisme agricole» défendu en 1924 par Rudol Steiner, penseur pionnier de la transition. Soit «un agroécosytème complexe ou chaque élément est en relation étroite avec les autres». L’agriculture bio «fait ses preuves tous les jours», assure l’auteur qui propose des pistes pour la généraliser : diversification des cultures, réorganisation horizontale des filières, circuits courts et locaux, financement de la recherche, mutualisation des moyens et des connaissances… Une transition «déterminée et progressive» qui se fera par étapes. Y compris sur l’épineux dossier des pesticides qu’il faudra supprimer par «interdiction échelonnée», laissant le temps nécessaire au secteur pour se réorganiser.

Quant aux agriculteurs, l’erreur serait de les clouer au pilori. Caplat, homme du sérail, veut rendre hommage à ces professionnels «victimes plus ou moins consentantes», qui, pour certains, se sont laissés séduire «de bonne foi» par le modèle dominant. La transition ne pourra pas se faire sans eux. Pas plus qu’elle ne pourra se passer de l’appui des consommateurs et des militants, conclut l’auteur.

Autre exemple :

L’école d’agronomie de Rennes a mené une étude sur la surface nécessaire pour nourrir la métropole de Rennes. Première hypothèse, le scénario tendanciel : consommation actuelle et agriculture conventionnelle. Ils en déduisent qu’il faut cultiver un anneau de 15 km au delà des limites de Rennes pour nourrir la métropole. Deuxième scénario, on passe en bio, on fait un peu d’agriculture urbaine et on consomme moins de viande - car de toutes façon bio ou pas bio notre système carné occidental n’est pas généralisable à la planète. Dans ce cas, il suffit d’un anneau de huit km autour de Rennes pour nourrir la ville. C’est quasiment deux fois moins de surface en bio qu’en conventionnel.

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