Pesticides, la révolte des riverains !

Publié le par Collectif Saint-Pardoux Citoyen

«Si demain j’ai un cancer ou que mes enfants développent une leucémie, je te le dis ici, je porterai plainte contre le Maire, pour ne pas m’avoir protégée contre les pesticides, alors qu’il était parfaitement informé de leur dangerosité, créer une zone pavillonnaire sur des anciens vergers et à proximité de vergers conventionnels. Tu te lèves le matin ça pu et tes fenêtres sont mouchetées d'un produit orange, mais c'est quoi ça ? Les enfants jouent dehors et à 50 m tu vois le pulvérisateur passer avec un mec en combinaison blanche et un masque sur son tracteur ??? Et la terre de mon jardin elle est bourrée de poison certainement ! », m'a déclaré une habitante du lotissement communal, il y a 3 ans. Depuis le verger le plus proche a disparu mais l'inquiétude demeure ...

Il y a 3 ans, quand nous avons interpellé les ex-élus (dont certains sont toujours à la Mairie) sur les odeurs, les dépôts sur les fenêtres constatés et de la dispersion des résidus de pesticides, ces édiles nous ont répondus: " que l'on ne pouvait pas retrouver de traces de résidus à plus de 30 mètres des zones traitées car il y avait une haie (un brousaillon de 1 m de haut...) et de plus les produits étaient sans danger pour les habitants proches" ... monde merveilleux aux Pays des Bisounours !

Mais les études effectuées prouvent que l'on retrouve souvent des résidus à 500 m des zones de pulvérisation !!!

Leucémies, Parkinson, gliomes, tumeurs cérébrales, infertilité, malformations, cancers de la prostate. Les études sont là, montrent les dangers pour les agriculteurs, leurs salariés, le voisinage, les enfants...

Une tentative de protection des riverains de zones cultivées face aux pesticides s'est instituée pour être prise en compte dans les documents d'urbanisme (type PLU/PLUI), extrait :

"le territoire de la Communauté de Communes comporte une surface importante de vergers industriels dont il serait prudent que les zones AU ne soient pas trop proches notamment en étudiant la rose des vents pendant les périodes de traitements phytosanitaires. L’article L.253-7 du code de l’environnement définit depuis juillet de nouvelles règles en matière de proximité entre certaines zones habitées et les zones qui reçoivent des traitements phytosanitaires ; Peut-être certaines règles pourraient-elles être intégrées aux règlements des zones A, U, AU…à ce propos."

C'est une timide avancée qui vient d'être faîte, dont fait référence Le Commissaire-Enquêteur. en effet, le Sénat vient d’adopter, en Juillet 2014, lors de la Loi d’Avenir pour l’Agriculture (LAAF) un amendement prévoyant « la possibilité pour l’autorité administrative d’encadrer les moyens permettant de répondre à l’objectif, lors de l’utilisation des produits phytosanitaires, de limitation de la dérive ou de l’entraînement des produits hors des parcelles situées à proximité des habitations, afin d’améliorer la protection des riverains. »... mais pas de périmètre "zéro-pesticides", l'amendement ne prévoit un périmètre d'interdiction des pesticides que dans les cas où les mesures visant à protéger les riverains (horaires de traitement, haies, etc.) seraient insuffisantes pour assurer cette protection. On est toutefois loin de la limite de 200 mètres sans pesticides autour des lieux énumérés par les textes qui avait effectivement été évoquée par Ségolène Royal. Mais une telle zone-tampon correspond à une perte de terrains importante pour les agriculteurs, ont réussi à faire valoir les organisations agricoles (FNSEA).

Pourquoi ne pas mettre en place en plus de cette proposition de zones tampons, une Charte de bon voisinage des arboriculteurs, comme le propose l'Association Génération-Futures (extrait):

- Zone Non Traitée (ZNT) de 100m minimum à augmenter en fonction des régions à IFT hautes ainsi que lorsque sont utilisés des produits T ou T+, et/ou contenant des perturbateurs endocriniens et/ou des CMR ;
- Anémomètre embarqués sur les tracteurs pour mesurer la force du vent et vérifier que l’arrêté de 2006 a bien été respecté ;
- Mise en place de « manche à air » visible de tous, agriculteurs comme riverains et élus.
- Avertissement obligatoire des populations 48h avant chaque épandage par l’agriculteur via un courrier (postal ou électronique) + affichage en mairie ;
- Signalétique dans les champs comme cela se fait dans d’autres pays quand le produit est épandu et à laisser 48h après la pulvérisation et signalétique permanente le long des routes traversant et longeant les zones à fort IFT de type « ATTENTION – Zone de traitements fréquents - Ne pas stationner » ;
- Établir une norme limitant la présence des pesticides dans l'air avec des mesures aux abords des lieux de vie (habitations, écoles, maison
s de retraite, commerce etc.).

En conclusion, des solutions existent, qui repose sur la responsabilisation des élus pour peu qu'ils se "mouillent" face au lobby agricole conventionnel dominant...

Il apparaît qu'il ne fait pas bon être maire d'une commune rurale agricole aux méthodes culturales toxiques et de renier ses responsabilités, parce qu'elles sont à la veille de vous exploser au visage ! A bon entendeur ....

Pesticides, la révolte des riverains !
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ln 30/08/2016 20:32

et bien il faut que tout les riverains éliminent les produits chimique qu' ils utilisent dans leurs foyers la liste et longue .Certains produits sont interdit en agriculture et autorisés dans la vie de tout les jours ! Interdire les produits chimiques d 'accord , a condition que se soit pour tout le monde.

Collectif Saint-Pardoux Citoyen 26/03/2016 22:45

Bonjour,
Nous avons essayé, sans succès d'inscrire des recommandations lors de la mise en place du Plan Local d'Urbanisme Intercommunal, lors de l'enquête publique auprès du commissaire enquêteur. Celui-ci avait inscrit ces recommandations (distances, plantations, avertissements de la population), refus catégorique des élus.

Depuis à Saint-Pardoux, l'ancien verger conventionnel a obtenu un classement en zone constructible prioritaire et attend très prochainement l’extension du lotissement tout proche sur ses terres "blindées de produits toxiques.
Cordialement,
Les administrateurs